histoires de rencontres

Tuesday, May 11, 2004

une rencontre...

Il y a 4 ans : Cela fait plusieurs années que j'aime Nadeige et que nous vivons une histoire d'amour parfaite. Mais je suis en province pour raison professionnelle pendant quelques semaines, et j'y fais la connaissance de Ces-Yeux-Là, une femme-enfant qui me fait douter de tout. Elle à 19 ans, j'en ai 25. Mais je reste fidèle à Nadeige, je refuse son baiser et je fais comme si je ne voyais pas tous ces signes qu'elle m'envoie. Sur le quai du train qui l'emporte vers sa vie à elle, nous nous étreignons pour la première et la dernière fois (pensais-je alors), et en guise de souvenir je lui offre une petite bague. Je crois alors que je ne la reverrais plus jamais, que tout est rentré dans l'ordre. Une petite histoire sans conséquence, légère et platonique, gentille et affectueuse.Faire des rencontre, rencontrer l'amour, trouver l'ame soeur!

- Il y a 3 ans : Nos chemins se recroisent dans des conditions particulières. Nadeige et moi nous sommes séparés, parce que j'ai cru tomber amoureux d'une autre fille, en fait une histoire ridicule et bête qui aura eu au moins le mérite de me faire grandir un peu. Mais alors que j'attends cette autre fille qui doit me rejoindre à Paris, Ces-Yeux-Là réapparait, pour un stage dans ma boîte. Il ne faut pas plus de quelques jours pour qu'un soir je lui propose de m'accompagner sur les Champs, juste comme ça, pour tuer le temps, l'air de rien n'est-ce pas... Avant minuit, nous nous embrassons sur un banc, pas loin de l'Arc de Triomphe. Des gamins passent devant nous : "Oh les amoureux !". Mais le lendemain, la magie est mise entre parenthèses. Cette autre fille va bientôt arriver et je réalise que Nadeige me manque cruellement. Je ne sais vraiment plus où je suis. Et puis Ces-Yeux-Là vit elle aussi une histoire compliquée, avec un mec officiel et un autre, son amant secret qui la suit depuis des années. Un sac de noeuds quoi... Une dernière étreinte, une nuit à Paris, moment céleste et inachevé, et puis fin de l'histoire. Nadeige me récupère bientôt, je romps tous liens avec Ces-Yeux-Là, par e-mail en plus (lâcheté de l'homme). Cette fois c'est certain, elle ne réapparaîtra plus dans ma vie (dans mon âme, c'est une autre histoire).

- Il y a un mois : je découvre que Nadeige n'est pas aussi pure et parfaite que je l'envisageais. Tout mon monde s'écroule, toutes mes certitudes se désagrègent. Au fond de moi, Ces-Yeux était devenue mon petit secret inavouable, mais les parenthèses autour étaient bien solides, parce que Nadeige était Nadeige. Mais maintenant tout est possible rien n'est plus comme je le croyais. Une fois de plus, je ne sais plus où je me trouve. Alors je me mets en quête de Ces-Yeux-Là, je la retrouve sur le Net. Je veux seulement lui parler, lui dire ma détresse, j'ai l'impression qu'elle seule pourrait me comprendre et avoir la patience de m'écouter. Tous mes amis sont aussi les amis de Nadeige, impossible de leur parler de cette maladie sournoise qui ronge notre couple. Quelques discussions sur le Net avec Ces-Yeux-Là. Je m'envole, je suis heureux, je suis réconforté, elle m'avoue que son coeur bat d'une certaine manière quand elle pense à moi. Je n'étais donc pas seul dans mon coin à rêvasser des bêtises ? Je décide de jouer franc-jeu en lui envoyant un long mail où j'essais d'exprimer tout ce que je ressens pour elle, tout le mythe qu'elle est devenue pendant ces années, ces mouvements d'âme lors de nos rencontres trop brèves. Mais la femme-enfant, devenue femme entre temps, file le parfait amour avec un homme qui la fait mûrir et lui redonne confiance en elle. Je peux comprendre cela. Je ne veux pas pourrir sa relation sous le seul prétexte que la mienne est entrain de mourir. Sans cet homme, j'aurais sûrement revu Ces-Yeux-Là, il se serait passé quelque chose, comme naguère, un râvissement, un espoir, un regard, un baiser peut-être, la première page de notre histoire après ces brouillons maladroits. Mais la vie a ses ironies bien senties : je l'avaiq rejetée il y a trois ans pour préserver mon couple, c'est elle qui me rejette désormais pour préserver le sien. Normal, logique, terriblement banal comme histoire.

Terriblement banal.

Il y a de quoi être mélancolique non ? L'impression fugace que nos rencontres sont toujours contrariées, que nos coeurs inclinent l'un vers l'autre, mais que nos vies suivent des parcours strictement parallèles, que jamais nous n'aurions dû nous croiser et que jamais nous ne nous croiserons plus.

Il me reste les souvenirs, ces pétites d'or que je peux faire briller comme je l'entends. Le plus beau souvenir, parce que le plus emblêmatique de toute cette non-histoire, c'est cette étreinte sur le quai, la première fois, cette manière avec laquelle je lui ai dit adieu alors que je voulais la retenir pour l'éternité tout entière, même si l'idée me faisait peur.


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